Dans la région de Gao, au nord du Mali, la crise humanitaire continue de bouleverser le quotidien de milliers de familles. L’expansion de la violence, les déplacements forcés massifs et l’afflux de personnes réfugiées en provenance des pays voisins, notamment du Niger et du Burkina Faso, ont profondément fragilisé les communautés locales.
Près de 34 609 réfugiés vivent aujourd’hui dans la région, dont une majorité recours à des stratégies de survie précaires. Plus de 85% de ces ménages réfugiés ont des besoins parmi les plus élevés (43% ont besoin d’appui en sécurité alimentaire, 43% ont besoin d’appui en eau, hygiène et assainissement et 37% ont besoin d’un abri). 94% des ménages dirigés par des femmes ont un revenu faible (sources rapport MSNA novembre 2025). Dans ce contexte d’urgence, l’aide humanitaire n’est pas un luxe : elle est une nécessité vitale.
Parmi ces personnes se trouve Hamsou, 35 ans et mère de quatre enfants. Originaire du Niger, elle a été contrainte de fuir son village pour chercher refuge à Gao, au Mali.
Dans son village d’origine, au Niger, cette femme exerçait de petites activités génératrices de revenus, notamment la préparation et la vente de crème locale et des beignets appelés en langue locale « Thitiena », afin de subvenir aux besoins de son ménage. Malheureusement, le déplacement forcé l’a laissée profondément éprouvée, faisant d’elle une mère confrontée à un véritable calvaire pour préserver la vie de sa famille, malgré des conditions extrêmement difficiles.
Principale soutien de sa famille, son mari, atteint d'un handicap visuel, ne peut travailler. De plus, trois de leurs enfants souffrent également de déficiences visuelles, rendant le quotidien encore plus difficile.
Pendant de longs mois, chaque journée était marquée par l'incertitude pour cette mère : comment nourrir sa famille, comment préserver un minimum de dignité lorsque les ressources sont inexistantes ?
Grâce au financement du Fonds humanitaire régional pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre (FHRAOC), Oxfam et son partenaire national STOP SAHEL ont mis en œuvre une réponse humanitaire multisectorielle en faveur des populations les plus vulnérables de Gao.
En tant que cheffe de ménage, Hamsou a été soutenue à travers cinq distributions alimentaires. À chaque distribution, elle a reçu une ration composée de 50 kg de riz, 10 kg de niébé, 7 litres d'huile, 10 kg de sucre et 2 kg de sel iodé, permettant ainsi de renforcer durablement la sécurité alimentaire de sa famille.
« Avant, je ne savais pas si mes enfants mangeraient le soir. Aujourd’hui, je peux planifier les repas de la semaine », révèle-t-elle.
Sa famille a également reçu un kit d'abri composé de bois, de perches en eucalyptus, de nattes plastiques et végétales, de fil de fer, de cordes végétales et de bâches en plastique, lui permettant de monter un abris sûr et d’avoir de meilleures conditions d'hébergement.
En complément, Hamsou a reçu des articles non alimentaires ainsi qu'un kit comprenant des marmites, des gobelets en inox, des assiettes, des couteaux de cuisine, des louches, des moustiquaires, des nattes en plastique, un fourneau, des couvertures, du savon de toilette, du savon de lessive, des comprimés de purification d'eau (Aquatabs), des seaux, un pot de défécation pour enfant de moins de cinq ans, une bouilloire, des sacs, etc.
Ces articles lui ont permis de répondre aux besoins essentiels de sa famille en matière d'hygiène, de santé, de cuisine et de protection.
« En tant que mère, chaque journée était un défi. Le plus difficile était de voir mes enfants dormir sans protection. Aujourd’hui, grâce aux kits reçus, ils ont un abri, des couvertures, des ustensiles pour manger et des produits d’hygiène. Cela a permis de protéger mes enfants de la pluie, maintenir notre hygiène et offrir à ma famille un cadre de vie plus digne malgré notre situation de refugiés. Cette aide peut sembler simple, mais pour nous, cela représente la sécurité, la santé et l’espoir ».
Au-delà de l'assistance matérielle, cette brave dame a participé à des séances de sensibilisation sur les bonnes pratiques alimentaires et nutritionnelles. Ces formations lui donnent désormais les moyens d'utiliser au mieux les denrées reçues afin d'assurer une alimentation plus équilibrée à sa famille.
Pour elle, cette aide représente bien plus qu'une assistance ponctuelle. Elle lui a permis de retrouver un peu de stabilité, de réduire l'angoisse quotidienne liée à l'alimentation de ses enfants et d'envisager l'avenir avec davantage de confiance.
Grâce au soutien du FHRAOC, Oxfam et STOP SAHEL ont apporté une assistance directe à près de 1 785 personnes (femmes 1022, hommes 763 dans la région de Gao, dont 676 réfugiés).