“Avant de venir ici, ils étaient scolarisés. Je veux qu’ils retournent un jour à l’école. Mais actuellement, je veux surtout qu’ils mangent à leur faim et que nous soyons ensemble en sécurité.”
Dans le centre du Mali, depuis 2025, l'arrivée massive de réfugiés burkinabè dans le cercle de Koro a accentué les besoins humanitaires, notamment en matière de sécurité alimentaire, d'accès à l'eau et de protection.
Maïmounatou, 40 ans, mère de six enfants, originaire d’un village du Burkina Faso situé à la frontière malienne, a été contrainte de fuir son foyer il y a neuf mois à cause de l’insécurité. « Nous avons été menacés par un groupe armé de quitter notre village dans un délai de deux heures », raconte-t-elle. Dans l’urgence, elle a quitté son village à pied avec les enfants et quelques effets personnels dans une charrette pour trouver refuge à Koro, au Mali, où les autorités locales les ont d'abord accueillis dans une école avant de les installer sur un site temporaire.
L’arrivée à Koro a marqué le début de nouveaux défis. L’accès au logement et à la nourriture est rapidement devenu une préoccupation quotidienne pour cette mère de famille. Pendant près de deux mois, la famille a vécu dans une école, dépendant de petites rations alimentaires pour survivre.
Face à ces difficultés, Oxfam et son partenaire, l’ONG nationale AMSS, ont distribué de la nourriture et des kits d’hygiène à 276 ménages réfugiés, grâce au financement de l’Agence catalane de coopération au développement. Maïmounatou a reçu à cinq reprises des vivres, notamment du riz, des spaghettis, du sel, de l’huile et des fèves. Pour elle, ces appuis ont eu un impact direct sur le bien-être de ses enfants. « Maintenant, mes enfants mangent trois fois par jour : le matin, à midi et le soir avant de se coucher. Ils me disent chaque jour qu’ils mangent à leur faim. Cela me soulage tellement. »
« Si ce n’était pas grâce à Oxfam, nos maris seraient déjà partis loin d’ici pour chercher des moyens de survie pour nous, nous laissant seules avec les enfants, sans aide ni protection. En outre des assistances alimentaires, le projet a également distribué des Aquatabs 67 mg, des seaux de 20 litres, des seaux de toilette de 10 litres, du savon, des brosses à dents, de la pâte dentifrice, des kits lavage de mains (bouilloire et réservoir), des sous-vêtements féminins en coton, des sacs d’emballage, des pagnes (3 mètres), des kits d'hygiène menstruelle (serviettes hygiéniques réutilisables), des bouilloires, des pots de défécation pour enfants de moins de 5 ans.
Malgré les progrès réalisés, les défis restent nombreux. Sans terres cultivables ni activités génératrices de revenus, les ménages réfugiés peinent à joindre les deux bouts. Pour subvenir à certains besoins de ses enfants, Maïmounatou vend occasionnellement des arachides, mais les revenus restent extrêmement très limités. Elle estime qu'un soutien en espèces ou des opportunités de relance économique leur permettraient de retrouver davantage d'autonomie. « Maintenant, nous avons besoin de petits revenus pour acheter des médicaments quand les enfants tombent malades. Certaines d’entre nous souhaiteraient aussi développer une petite activité génératrice de revenus. »
Aujourd’hui, le souhait le plus cher de cette mère est de voir ses enfants retrouver une vie normale, en sécurité et sur le chemin de l’école.
« Avant de venir ici, ils étaient scolarisés. Je veux qu’ils retournent un jour à l’école. Mais actuellement, je veux surtout qu’ils mangent à leur faim et que nous soyons ensemble en sécurité. »
Reconnaissante envers Oxfam et ses partenaires, elle espère que le soutien pourra se poursuivre et atteindre davantage de ménages réfugiés sur le site vivant dans les mêmes conditions. « Je remercie infiniment Oxfam et le partenaire AMSS pour ces soutiens. Je souhaite qu’ils nous accompagnent davantage afin que ceux qui n’ont pas encore pu être assistés puissent eux aussi en bénéficier. »