PRESYS: HISTOIRES DE SUCCÈS
« Projet de Renforcement de la Résilience du Système de Santé »
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Au Tchad, la mortalité maternelle et les hémorragies du post-partum demeurent des fléaux de santé publique majeur fréquents. Trop souvent, l'éloignement géographique, le manque d'infrastructures et l'accouchement à domicile non assisté transforment une naissance en tragédie. C’est précisément pour briser ce cycle fatal et pallier le sous-financement des structures de santé que des interventions ciblées s'avèrent vitales.
Le Centre de Santé Intégré (CSI) de Kamkalga, créé par le gouvernement tchadien le 12 mars 1998, illustre parfaitement ce défi : situé à 44 kilomètres du District Sanitaire (DS) de Moussoro, il requiert plus de deux heures de piste en véhicule tout-terrain. Cette distance critique, partagée par de nombreux villages environnants, entrave lourdement la couverture sanitaire de la zone. Face à cette urgence, le consortium sous le lead d’Oxfam, en synergie avec leurs partenaires, sous financement AMC vient en appui à la Délégation Sanitaire de Moussoro, a déployé une clinique mobile sur un site stratégique. L’unité mobile délivre gratuitement le Paquet Minimum d'Activités (PMA) à travers des sorties hebdomadaires. Les communautés bénéficient ainsi de soins de santé primaires complets : consultations infantiles, séances de sensibilisation, vaccination, dépistage de la malnutrition, consultations pré- et postnatales, accouchements d'urgence et, surtout, transfert des cas critiques vers un niveau de prise en charge adapté.
La détection d'un cas critique : L'histoire de Fatimé Zara Mahamat Oumar
C’est au cours d'une de ces missions qu'une sage-femme de la clinique mobile a sauvé la vie de Fatima Zara Mahamat Oumar. Âgée de 26 ans et mère de quatre enfants tous en vie, Fatima Zara présentait un tableau clinique lors de l’examen physique : une pâleur généralisée persistante et des saignements continus depuis son accouchement à domicile, survenu 20 jours plus tôt sans aucune assistance médicale.
Face à la dégradation critique de son état, son père était parti la chercher à Herbey, localité située à 33 kilomètres de son propre domicile à Goutoro. Ce dernier village se trouve heureusement à 3 kilomètres du site de la clinique mobile, soit à moins d'une heure de marche à dos d'âne. Alerté, le relais communautaire du village — un maillon essentiel du dispositif de mobilisation sociale — a organisé son évacuation immédiate sur une charrette vers la clinique mobile. Après avoir reçu des soins d’urgence Fatimé Zara a été immédiatement référée vers le CSI de Kamkalga.
Une prise en charge salvatrice et un retour à la vie
À son arrivée au CSI, la patiente a été prise en charge sans délai par le responsable de la structure, Monsieur Mahamat Yaya Souleymane, infirmier de formation. L'évaluation clinique initiale a révélé des signes de pâleur conjonctivale et palmaire marquée, une hypotension artérielle sévère à 90/50 mmHg, un taux d’hémoglobine effondré à 8,4 g/dl, des frissons et une altération de l'état général.
Placée en observation pour Hémorragie du post partum tardive pendant 48 heures. Elle a reçu de la ceftriaxone 1g, de la gentamycine, du une perfusion de sérum salé, paracétamol en perfusion, de la vitamine K1. Ainsi, ses fonctions vitales ont pu être stabilisées après 2 jours de prise en charge. Elle a ensuite reçu un traitement ambulatoire par voie orale. À la suite de ça, Fatimé Zara a été autorisée à regagner son domicile, munie de consignes strictes : avoir une hygiène de vie irréprochable, du repos et en cas d’urgence alerter immédiatement le centre au moindre signe de rechute. Fatimé Zara s’est présentée 72 heures plus tard pour une visite de contrôle. Grâce à ce suivi de proximité, elle a pu pleinement retrouver la santé, ramenant la joie et le soulagement au sein de sa famille.
Témoignage et prise de conscience
Interrogée sur le message qu'elle souhaiterait aujourd'hui transmettre aux jeunes filles et aux femmes de sa communauté, Fatimé Zara exprime une prise de conscience profonde, marquée par l'épreuve qu'elle a traversée : « Plus jamais je ne donnerai une fille en mariage avant l'âge de 30 ans. Je regrette profondément de ne pas être allé à l'école ; si j'avais eu la chance d'être instruite, je n'aurais pas vécu une telle situation aujourd'hui. »
« Je remercie le donateur AMC qui nous a permis d’avoir des soins gratuits avec nos enfants et toutes les communautés ».
Cette histoire illustre concrètement l’impact des cliniques mobiles dans les zones reculées du Bahr El Gazal. En rapprochant les services de santé des populations les plus vulnérables, le projet contribue à prévenir les décès maternels évitables, à renforcer le système de référence et à redonner espoir à des familles entières.
Grâce à l’intervention rapide de la clinique mobile et du personnel de santé de Kamkalga, Fatimé Zara est aujourd’hui en vie et en bonne santé. Une vie sauvée, une famille préservée, et une communauté davantage sensibilisée aux enjeux de la santé maternelle grâce au projet Presys.