Rédigé par : Fousseni KONE
Date : 21/07/2026
Dans la région de Gao, où les effets des crises successives et du changement climatique fragilisent les moyens de subsistance des populations, le maraîchage représente une source essentielle d'alimentation et de revenus pour de nombreux ménages. Pourtant, les producteurs étaient confrontés à de nombreux défis tel qu’un accès limité aux semences de qualité, un manque de connaissances techniques et une forte dépendance aux engrais chimiques, coûteux et peu respectueux de l'environnement.
Pour répondre à ces défis, Oxfam, avec le financement du Ministère fédéral allemand des Affaires étrangères (GFFO) et en partenariat avec l'ONG nationale STOP-SAHEL, a mis en œuvre un projet visant à renforcer la résilience des communautés dans la région de Gao.
Parmi les principales interventions du projet figure la distribution de semences maraîchères de qualité (gombo, concombre, piment, laitue, pastèque, melon et carotte), ainsi que de matériels de production (dabas, arrosoirs, binettes et seaux) à 400 producteurs maraîchers (285 hommes & 115 femmes).
Parmi les participants figure Idrissa Yacouba, 53 ans, producteur maraîcher, qui témoigne aujourd'hui de la transformation profonde qu'il a vécue grâce à cet accompagnement.
« Nous pratiquions le maraîchage dans des conditions très difficiles. Nous manquions de connaissances techniques, l'accès aux semences de qualité était limité et nous utilisions principalement des engrais chimiques, coûteux et parfois nuisibles à notre santé et à l'environnement. »
La distribution de semences maraîchères a été un levier important de transformation pour cet homme. Ses cultures affichent une excellente croissance et offrent des récoltes abondantes qui améliorent à la fois sa sécurité alimentaire et les revenus de son ménage.
« Les semences maraîchères que nous avons reçues présentent une excellente croissance. Les récoltes nous permettent non seulement d'améliorer l'alimentation de nos familles grâce à une consommation régulière de légumes frais, mais aussi de vendre une partie de la production afin de couvrir d'autres besoins essentiels du ménage. » Nous a-t- il partagé.
Au-delà de ces semences, le projet a également accompagné Idrissa et ses camarades avec des formations pratiques sur les techniques de production durable, notamment la gestion de la fertilité des sols, les bonnes pratiques culturales et l'utilisation de méthodes respectueuses de l'environnement.
« Grâce au projet GFFO, nous avons reçu de formations pratiques qui ont profondément changé notre façon de produire. Nous avons appris à mettre en place des pépinières maraîchères, à fabriquer et utiliser des biopesticides, à régénérer les sols et à réaliser des fosses compostières pour produire notre propre compost. » Nous partage-il avec joie.
L'adoption de ces nouvelles pratiques a rapidement produit des résultats concrets. En réduisant leur dépendance aux intrants chimiques, les producteurs ont considérablement diminué leurs coûts de production tout en améliorant la qualité de leurs récoltes.
« Avant, chaque campagne nous coûtait plus de 30 000 FCFA en engrais chimiques. Aujourd'hui, grâce au compost que nous faisons nous-mêmes, nous réalisons des économies importantes tout en produisant des légumes plus sains et de meilleure qualité. Cette approche a également favorisé le développement d'une agriculture plus respectueuse de l'environnement dans notre communauté. » Dit Idrissa Yacouba avec satisfaction.
Il continue « Fidèles aux conseils des formateurs, nous avons partagé ces connaissances avec d'autres producteurs qui n'avaient pas participé aux formations. Aujourd'hui, plusieurs ménages reproduisent les techniques de compostage et les bonnes pratiques agricoles, ce qui contribue à diffuser les acquis du projet dans toute notre communauté. »
Aujourd'hui, cette expérience illustre comment un appui combinant l'accès à des semences de qualité, le renforcement des capacités techniques et la promotion de pratiques agricoles durables peut transformer durablement les conditions de vie des producteurs locaux.