Des millions de femmes et de filles à travers l’Afrique continuent de faire face à des obstacles pour accéder aux services de santé sexuelle et reproductive. Pourtant, chaque contexte est différent, et c’est pourquoi Oxfam doit adapter ses réponses à ces réalités, de manière très distincte d’un pays à l’autre.
Les expériences du Niger, du Kenya et du Sénégal offrent des exemples éclairants de la manière dont le contexte façonne les approches de plaidoyer. Ces trois pays évoluent dans des environnements très différents et ont généré des impacts façonnés par la nature spécifique des défis auxquels ils font face.
Au Niger, l’équipe se concentre sur l’hygiène menstruelle, notamment à travers la distribution de kits sanitaires et des formations destinées aux filles et aux femmes. Toutefois, compte tenu du climat politique actuel, elle doit s’aligner étroitement sur les priorités de l’État afin d’assurer la continuité des programmes, adoptant parfois une posture de plaidoyer plus discrète.
Au Kenya, l’équipe travaille principalement sur l’accès aux services de santé sexuelle et sur la lutte contre les abus subis par les femmes, notamment dans le secteur de la production de thé. Malgré d’importantes contraintes budgétaires, elle est parvenue à mobiliser la société civile, à établir des partenariats stratégiques au niveau local et à empêcher des auteurs présumés d’abus d’accéder à des postes de haut niveau, parmi d’autres actions concrètes.
Au Sénégal, les efforts de plaidoyer menés en collaboration avec des organisations de la société civile ont contribué à la révision de lois médicales relatives à l’avortement. Les dispositions révisées ont été traduites dans plus de 35 langues locales afin de garantir une inclusion significative. Par ailleurs, trois centres d’accueil et de prise en charge pour les survivantes de violences sexuelles ont été ouverts, dont l’un est désormais pleinement opérationnel.
Ces expériences démontrent que le plaidoyer régional ne signifie pas uniformité, mais plutôt coordination stratégique. Dans des environnements divers et parfois complexes, la mise en commun des expertises renforce l’impact, influence les politiques publiques et soutient les équipes pays dans l’avancement des droits en matière de droits à la santé sexuelle et reproductive (DSSR) à travers l’Afrique.
Si la réponse d’Oxfam en matière de DSSR diffère d’un pays à l’autre, comment le plaidoyer régional en matière de genre peut-il être structuré afin d’apporter une valeur ajoutée au travail mené dans chaque pays et de promouvoir le changement ?
Les équipes genre des différents bureaux pays d’Oxfam se sont réunies les 28 et 29 janvier à Dakar, au Sénégal, afin de réfléchir aux stratégies de plaidoyer en matière de genre et de renforcer leur approche régionale.
Organisée par Oxfam en Afrique, en collaboration avec Oxfam Sénégal, cette rencontre de deux jours a réuni plus de vingt collègues représentant les équipes genre du Ghana, du Kenya, du Malawi, du Nigeria, de l’Ouganda, de la République démocratique du Congo, du Sénégal et du Tchad, ainsi que des partenaires d’Oxfam Sénégal.
L’atelier visait à valider collectivement les principaux enseignements tirés des expériences nationales, à tester les interprétations et à élaborer des recommandations concrètes pour renforcer les futures stratégies de plaidoyer. Il avait également pour objectif de renforcer la collaboration entre les bureaux pays, de mutualiser les expertises et de repenser le modèle de déploiement des programmes genre, notamment en promouvant des initiatives multi-pays sur les droits à la santé sexuelle et reproductive (DSSR) à travers le continent.
La programmation multi-pays nécessite un plaidoyer au niveau régional, qui tient compte des réalités politiques et économiques propres à chaque contexte national.
En réunissant les expériences et les enseignements des différents pays, Oxfam en Afrique renforce une approche collective qui amplifie les voix locales tout en influençant les espaces politiques régionaux et mondiaux. Ce faisant, l’organisation vise à garantir que les efforts de plaidoyer restent ancrés dans les réalités vécues par les femmes et les filles, tout en contribuant à un changement systémique.